La IA dans notre métier de Réceptif

Le langage a été résolu par l’IA, mais c’est seulement un aspect restreint de l’humain
La IA dans notre métier de Réceptif

Limiter l’IA...

On devrait dire les IA. Les IA payantes, spécialisées comme en dessin, en vidéo, ou celles orientées vers des professions spécifiques comme avocat ou architecte, sont très performantes, car limitées à un certain domaine, et surtout filtrées par la profession elle-même. La IA générative, c’est autre chose, elle est destinée au grand public et se nourrit essentiellement des publications sur le Web. Elles sont certes très nombreuses, mais pas toujours fiables. Et plus ça ira, moins elles seront fiables, la IA nourrissant elle-même le Web d'informations erronées… un cercle vicieux est en train de s'amorcer.

Dans notre profession de réceptif, il est essentiel de “nourrir” la IA, de bonnes informations. C’est l’intérêt de tous. Il n’y a pas de concurrence qui vaille ni de rétention d’informations justifiée. Il faut créer nos propres bases de données, et ne pas chercher sur les plateformes d’informations universelles, car pour un thème très précis comme notre pays, l’IA générative n’a pas assez d’informations… pour le moment. Il s’agit d’utiliser l'IA, non pas pour trouver une information, sinon pour organiser ces informations, c'est-à-dire mettre à disposition nos propres données. C’est seulement ainsi qu’on permettra l'utilisation d'informations précises pour nos clients potentiels, mais aussi pour la IA elle-même !

… dans quel but ?

Pour avoir une IA efficace, il faut l'entraîner… mais pour qui, et pourquoi ?

Si on veut développer une IA générative, il faut avoir un but précis. Dans le cas du réceptif, le but est de mettre à disposition toutes les données recueillies par lui-même, un professionnel - et non les données de Google par exemple - pour que l’internaute puisse monter son propre programme de voyage. Le programme sera élaboré en respectant les choix du futur voyageur, tout en intégrant le rythme des étapes et la cohérence des prestations, propre à la destination.

La donnée doit être de qualité

Pour un résultat de qualité, il faut une bonne distillation de ces informations. Si le milieu de recherche de l’IA est limité, comme un pays, voire une sélection d’infrastructures de ce pays, l'IA sera facile à entraîner. 

Le modèle de l’IA pour donner des informations sur un pays - ou un programme de voyage, par exemple - est un modèle simple car généré par des informations maîtrisées et qualitatives… par le réceptif.

Information réelle contre informations virtuelles

Il nous faut réfléchir à l’usage vertueux de la machine. Doit-on arriver nécessairement à une IA capable de parler naturellement, ou doit-on se limiter à un échange technique avec la machine, de préférence par écrit ? (voir Mochi, une IA qui traduit en simultanée).

Si l’objectif est lui-même technique, comme le développent d’un programme de voyage, l’aide de l’IA peut être d’aspect synthétique (non naturel), permettant de détecter et d’accepter l’intervention de l’IA.

Car même s’il utilisera l’IA pour résoudre un problème, en l'occurrence le calcul d’un programme de voyage, le réceptif défend l’information (en image, texte et surtout vidéo) issue d’une réalité et non générée par une machine. Le voyage est fait pour venir voir sur place et non pour montrer des informations virtuelles. La compréhension du contexte est encore loin pour les IA, notamment en robotique. Les machines sont très fortes pour régler des problèmes mais elles ne peuvent saisir des situations. Se rendre compte d’une situation n’est pas à la portée d’une machine… pour le moment. Hors la mise en situation est la définition même du voyage. Entrer dans la situation, faire partie d’un nouvel ensemble et recevoir par tous nos sens de nouvelles informations doit être ce que propose le voyage de demain, dans l’ère des IA.

Le langage a été résolu par l’IA, mais c’est seulement un aspect restreint de l’humain

Pour le moment

L’IA reste un sous-traitant pour que les humains puissent créer, un programme de voyage par exemple. Elle résout un problème, une tâche, permet une meilleure organisation des données et ainsi facilite une utilisation optimisée. Mais tout cela n’est possible, et sera de qualité, que si l’IA trouve les bonnes données. Une fois sur place, un voyageur cherchera la rencontre humaine, comme une quête du sensoriel en opposition au raisonnable.

Espace sensoriel contre espace de raison

Le corps est un écosystème. La raison est maintenant partagée avec les machines qu’on appelle IA. 

Ce n’est plus je pense donc je suis : les machines ne “sont” pas et pourtant elles pensent ; sinon je sens donc je suis : j’ai un corps, des sens, des émotions… c’est ce qui fait aujourd’hui que j’existe, en opposition à la machine. 

On pourra obtenir certaines informations techniques, esthétiques, rationnelles sur un pays, une société, une culture, avec la raison, celle de la machine ou la nôtre. Mais c’est avec le corps, avec l’émotion que nous aurons l’ensemble de l’information, auquelle réagit un humain. Le sensoriel, la proximité, le contact direct nous donne un autre type d’information spécifique à l’humain, de l'ordre de l’émotion et non plus de la raison. A partir d’aujourd’hui l’ère cartésienne, commencée avec les Lumières, va être dominée par les machines, avec plus de connaissance, plus de puissance de calcul, plus d’outils de communication pratique. Le spécifique de l’humain se dessine désormais sous la forme de l’émotion du ressenti. Ressentir des émotions, communiquer à base d’émotions restera un domaine naturel au sens large, encore pendant longtemps. Il est probable que la différence entre raison et émotion sera de plus en plus marquée, avec les humains émotionnels d’un côté et les machines raisonnantes de l’autre. 

Dans ce nouveau partage du monde il apparaît que le sens donné aux émotions prendra de la valeur, il sera distingué et recherché pour ressentir du plaisir notamment. Le voyage s’inscrit parfaitement dans ce schéma de recherche d’émotions, la rencontre directe sera une des principales sources d'apprentissage “sensoriel”.