Voyager c’est politique
Parler de politique, mais pas une politique au sens « ce sont les communistes qui vont à Cuba » ou encore « je ne veux pas soutenir la politique de Cuba, donc je n’y vais pas », mais parlons plutôt du VRAI sens, le sens noble et authentique du mot : l’art d’organiser la vie collective et de prendre des décisions pour la communauté. Faire de la politique c’est avant tout participer à sa propre communauté.
Le monde d’aujourd’hui est un ensemble de villages, des gens qui pensent se connaître et qui entretiennent des guerres de clochers, malheureusement parfois meurtrières. Passer l’effroi ou l’indignation, nous revenons à notre propre quotidien, « que peut-on y faire, le monde est devenu fou ! ». Pourtant nous pouvons ne pas en rester là : Allons discuter avec nos voisins, voyageons dans notre quartier, notre région et à l’autre bout du monde… moins fréquemment bien sûr.
Quel rapport entre voyager et discuter avec nos voisins ?
La démarche est la même : faire ressortir nos différences culturelles, entre autres, pour mieux les comprendre et les accepter, que ce soit avec son voisin de palier ou avec un moine birman. C’est le premier pas d’une attitude politisée. Les communautés sont partout, grandes petites, pays ou quartiers, et elles doivent avant tout servir le citoyen, le membre de la communauté.
Il y a deux attitudes face à cette évidence : soit je me laisse guidé par les politiciens qui organiserons ma vie comme bon leur semble, soit je prends mon destin en main, et je participe au devenir de ma communauté, je fais donc de la politique, par exemple, les fameuses initiatives citoyennes.
Bien manger comme bien voyager
La politique du bien manger c’est connaître les producteurs de ma communauté et leur faire confiance. La politique du bien voyager c’est la même chose ! Il faut connaître la communauté, qui dans chaque pays, accueille les voyageurs, dialogue, échange, et propose même aux visiteurs de participer à leur propre communauté. Découvrir un village où un nouveau pays c’est découvrir les communautés qui le composent, échanger avec elles c’est déjà participer à leur organisation, tant en apprenant qu’en enseignant. Voyager, c’est exercer son devoir politique de citoyen du monde.
Le parti du Monde
Ingérence, diront certains. Pas forcément, tout dépend du sujet. Le développement durable, le réchauffement climatique, la démocratie, sont des thèmes qui concernent tout le monde. Chaque village de la planète doit traiter ces sujets communs pour le bien de tous. À l’heure de la polarisation du monde, où les organisations politiques classiques comme le G7 ou l’ONU perdent leur influence, c’est aux personnes, aux citoyens, aux communautés de prendre la relève. C’est plus une attitude naturelle à développer, qu’un effort à fournir. C’est l’éducation, la connaissance, l’esprit critique et le bon sens qui sont à développer, afin que l’influence circule entre personnes et face à face. Voyager est un acte politique qui peut changer le monde. Nous sommes tous des politiciens inscrits au parti du Monde.