Recherche IA

Le vendeur recherche une IA qui puisse l’assister dans son travail, mais de son côté, où est-ce que la IA va rechercher les informations nécessaires au vendeur ?
Recherche IA

Les distributeurs (agences, apporteurs d’affaires…) intègrent l’IA dans leur travail de vente. L’IA est capable de concevoir des parcours sur-mesure et de trouver les fournisseurs nécessaires pour mener à bien de tels programmes de voyage…

Mais où donc les IA vont chercher tout ça ?

Sur le web bien sûr. L’IA recherche sur l’ensemble de la toile, sélectionne les informations, les synthétise et offre, selon ses algorithmes un résultat plus ou moins fiable d’une suite de propositions de prestations constituant à première vue un programme de voyage. Mais que se passe-t-il si les infos du web sont erronées ou simplement si elles n’existent pas …? 

Il existe toujours une réponse à fournir, mais qui ne correspondra pas forcément au degré d’exigence du vendeur et/ou de son client, car un logement, un transport ou un restaurant seront toujours disponibles.

Affinité entre les prestations et les clients

Pourtant dans notre domaine, lorsqu’on est réceptif, on sait très bien que la plupart des informations intéressantes et même fiables sur un pays ne correspondent pas à ce qu’on trouve à première vue sur le Web. Il y a une grande différence entre les informations fournies sur un pays par les touristes de passage - celles qui sont normalement disponibles sur le web - et les informations utilisées par les habitants de ce pays. En général, les uns et les autres ne fréquentent pas les mêmes lieux. Il en résulte une sectorisation des informations qui peut même différer selon la nationalité des touristes. Un Canadien ne fréquente pas les mêmes endroits lorsqu’il visite un pays qu’un Français… En fait ça dépend aussi du pays visité… L’affinité (comme l’appelle Google) entre prestation et client est un vrai casse-tête, que même une IA aura bien du mal à appréhender, car les paramètres sont souvent affectifs et culturels. En effet la IA trouvera les paramètres de la prestation, mais ce sera au vendeur de lui fournir celle du client. Car pour qu’il y ait affinité, il faut avoir obtenu en détail le profil du client. Ce qui en soit devrait constituer l’essentiel du travail du vendeur.

Les informations secrètes des réceptifs

La seconde difficulté à surmonter dans l’utilisation de la IA réside dans la prestation elle-même. La machine ne peut proposer que ce qui existe déjà sur le Web. Pour une mono-prestation, comme un logement ou un transport, la solution proposée peut être correcte, même si, dans bien des pays, ni les logements ni les transports ne sont correctement standardisés. On ne peut pas louer une voiture à Cuba, par exemple, comme dans un autre pays. Et si on parle d’activité, la difficulté est encore plus grande, à moins d'utiliser les activités collectives qui consistent à monter une 40aine de touristes dans un bus avec un guide : En total opposition avec le voyage sur-mesure.

Les réceptifs sont si peu connus, ils publient si peu d’informations, qu’il est difficile pour une IA de leur tirer les vers du nez. En d’autres termes, la majorité des infos utilisées par un réceptif lui sont propres : les meilleurs logements, une sélection fine des restaurants et surtout la conception d’activités… 

Il en résulte qu’une IA performante qui serait capable de rechercher une prestation sophistiquée pour un profil client donné, tomberait forcément sur un produit de réceptifs… ou tomberait à côté.

Pour un client qui souhaite un programme individuel basique avec seulement le transport et le logement et quelques activités collectives, la IA saura facilement lui trouver son bonheur. Mais s’il s’agit d’un programme avec des prestations sur-mesures, exclusives, il faudra un humain, et même plusieurs. D’un côté le bon vendeur qui domine le profil de son client et de l’autre, le réceptif qui domine ses prestations, qui les a conçues et réalisées… sans toutefois les avoir diffusées sur le Web. 

Les IA qui proposent des programmes de voyage à base de mono-prestation (logement, transport, activité), ça existe déjà. C’est Google Travel par exemple, ou Airbnb. Et les clients qui ont recours à ce type d’outils n’ont pas besoin d’agent de voyage ou même de travel-planner.

La position commerciale, quel que soit le distributeur, s’il est humain, devra être orientée vers le voyage sur-mesure sophistiqué, avec une grande valeur ajoutée, une valeur qu’on ne trouve pas au détour d’une proposition sur le Web, mais qui retourne davantage d’une mise en pratique d’un dialogue, entre humains. Et ces humains, ce sont les vendeurs et les réceptifs. 

De toute manière on retombera toujours à un moment donné sur le réceptif, sur celui qui est sur place et qui réalise la prestation, de logement, de transport ou d’activité, qu'elle soit sophistiquée ou pas, qu’elle ait été dénichée par une IA sur le Web ou par un vendeur humain.

L’outils qui donne directement accès au sur-mesure pour le vendeur

Mettre bout à bout des prestations en s’aidant d’une IA, quand on est humain - travel-planner ou agent de voyages - ne suffit pas à faire un voyage sur-mesure. Certes, ce sera un voyage plus “sur-mesure” que celui proposé en package, mais cela restera un assemblage de fournisseurs qui ne sont pas forcément compatibles entre eux. De plus, ce type d’assemblage est déjà proposé par des machines (IA) comme avec Google Travel. S’il veut proposer une vraie valeur ajoutée autour du conseil humain, le travel-planner ou l’agent de voyages devra aller chercher un peu plus que des prestations sur le web, sinon il tombera en concurrence avec les machines (il est vaincu d’avance). La IA par définition non humaine, utilisée par un humain au milieu du processus du voyage, coupe la chaîne de réalisation de ce voyage. Alors que justement la vraie valeur serait que le travel-planner soit directement relié au pays qu’il vend, et ça ce n’est possible qu’en s’alliant avec le réceptif. Certes, la technologie peut largement aider dans cette démarche, mais ce n’est pas une IA quelconque qui peut faire ce type de liaison, sinon un véritable système connectant le vendeur à l’exécuteur du voyage reliés entre eux par une même production. Cet outil nous l’avons créé et nous l’utilisons avec nos propres vendeurs, notre propre production et tous nos fournisseurs. Nous sommes réceptifs et nous organisons le voyage sur-mesure autour de sa seule valeur : la production de nos propres prestations. Pour nous, la IA nous permet d’aller chercher dans nos propres bases de données. C’est une aide à la vente, surtout pour les vendeurs externes qui connaissent peu la destination et qui souhaitent pourtant vendre des prestations sur-mesures. C’est une aide professionnelle : rien à voir avec ChatGPT ! 

Un vendeur, s’il veut être aidé par une IA, devra donc utiliser l’IA du réceptif, capable de concevoir des programmes sur-mesure uniquement grâce aux informations spécifiques qu’aura accumulées ce réceptif.

Les informations publiques du réceptif

L'objectif n’est pourtant pas de tenir au secret tous ceux qui souhaiteraient vendre la destination du réceptif. Comme toute entreprise qui conçoit et produit, le réceptif doit néanmoins protéger sa production et ne la mettre à disposition - à travers une IA, par exemple - qu’à ceux qui auront signé un accord commercial avec lui.

Il est pourtant primordial pour un réceptif de communiquer sur sa destination. Pour cela il doit mettre à disposition les informations concernant ce qu’on appelle des ressources d’infrastructure. Il s’agit de tous les moyens dont un pays dispose pour créer des prestations de voyages : logements, transports, parcs, musées, sentiers… Cet inventaire est mis à la disposition aussi bien des professionnels, que des clients ou du grand public. Il faut faire connaître la destination et son potentiel, c'est-à-dire tout ce qu’on peut créer comme prestations avec ces moyens que nous offre cette destination. 

Les IA auront accès à toutes ces données. Dans le cas des logements, elles pourront facilement les proposer dans leur programme automatique. De toute manière, cette prestation hôtelière existe déjà sur le marché (à travers les sites de réservation en ligne, par exemple), elle n’est pas l’exclusivité du réceptif. Le cas est exceptionnel : lorsque la ressource d’infrastructure se confond avec la prestation. Mais s’agissant d’un sentier, d’un musée ou même d’une salle de spectacle, le travail de montage d’une prestation à l’aide de ces infrastructures reste à faire. C’est le travail et le domaine du réceptif.

En conclusion

L’IA du travel-planner ou de l’agent de voyages ne lui permettra pas de réaliser des programmes sur-mesure sophistiqués, au plus, il pourra réaliser automatiquement des programmes en individuel où le logement, le transport et les activités seront proposés de manière conventionnelle. Ces propositions de prestations existent déjà, elles sont disponibles sur le Web tant pour les professionnels que pour le grand public. Le vrai sur-mesure restera le domaine du réceptif. Celui-ci pourra utiliser une IA, mais entraînée exclusivement avec ses propres données et celles sélectionnées de sa destination. La mise à disposition de cette IA professionnelle pourrait effectivement permettre aux vendeurs d’obtenir, en direct avec le réceptif, des programmes vraiment sur-mesure. En tout cas, IA ou pas IA, la relation vendeur-réceptif reste essentielle lorsqu'on veut créer des voyages différents.